DJAMEL KOKENE

Tentative
 de
 restitution
 de
 la
 place
 de
 la
 personne
 dans
 le
 travail
 artistique
 de 
Djamel 
Kokene
, par Cécile Bourne-Farrell (French)

 

Le travail de cet artiste propose une variété d’interprétation de dispositifs conceptuels qui laissent la belle part à celui qui regarde « comme quelque « chose qu’il aurait dans la main et qui cherche la même chose que celle qu’elle a déjà » selon Platon. En effet, l’artiste travaille sur ce qui existe, ce qui là, sur ce que l’on sait et ce que l’on a, que l’on est ou que l’on tente de pratiquer au quotidien.

 

Il y a cinquante ans Frantz Fanon dénonçait le détournement de la personne humaine qui s’opérait dans notre société . C’était en 1961, au moment de la décolonisation de certains pays et notamment de l’Algérie où Franz Fanon était médecin psychiatre. A cette époque, il disait qu’il reste « un travail colossal qui consiste à réintroduire l’homme par l’homme et que cela se fera avec l’aide décisive des masses européennes qui, il faut qu’elles le reconnaissent, se sont souvent ralliées sur les problèmes coloniaux aux positions de nos maîtres communs. Pour cela, il faudrait d’abord que les masses européennes décident de se réveiller, secouent leurs cerveaux et cessent de jouer au jeu irresponsable de la Belle au Bois dormant » . Aujourd’hui, presque cinq décennies plus tard, on peut constater que certaines problématiques restent identiques. Si les droits de l’homme sont bafoués, que les êtres humains continuent d’être exploités , certains artistes contemporains, comme Djamel Kokene envisagent leur rapport au monde d’une autre façon, en y introduisant une certaine place pour la personne.
Lire la suite...

 

Cecile Bourne-Farrell, commissaire d'exposition indépendant, avril 2010.